Partage de parking avec Zenpark: plus efficace que l’autopartage?

Par Edouard Proust, Dans Initiatives urbaines 1 com. , ,

Voiture garée seul en chine suite à la destruction d'un parking

Bien que le service de partage de parking Zenpark ait été lancé depuis le 30 janvier, il n’est jamais trop tard pour donner un petit coup de pouce aux initiatives qui donnent un peu plus d’air à la ville.

On connaissait déjà l’autopartage

Jusqu’à présent, on connaissait l’autopartage, une « astuce » permettant d’échelonner tout au long de la journée l’usage d’une seule voiture pour plusieurs personnes. Le principe est de garder la voiture en mouvement et de réduire ainsi le nombre de places nécessaires au stockage de ces bolides en ville: une automobile est garée environ 95% du temps et ne se déplace que durant les 5% restant. Cette voracité spatiale réduit d’autant l’espace laissé libre pour des pratiques plus vivantes et diversifiées de l’espace public. Et bien que les avis soient mitigés quand à l’avenir de cette pratique et que des critiques pointent du doigt certains systèmes automatisés type « Autolib’ parisien », sont principe premier basé sur l’entraide s’avère être une solution efficace au problème de la voiture en ville. A l’inverse, d’autres solutions à première vue du même ordre font davantage office de poudre aux yeux: c’est par exemple le cas du covoiturage qui, pour Marc Fontanès, directeur de Mobility+ apparaît comme « une fausse bonne idée. »

L’offre Zenpark et l’intérêt du partage de parking

Toujours dans le cadre d’initiatives basées sur le principe de « consommation collaborative » mettant d’accord investisseurs et amoureux de la ville, c’est aujourd’hui Zenpark qui tente sa chance à Paris. Le principe du partage de parking est simple: optimiser l’utilisation de places de stationnement privées laissées libres par leurs propriétaires à certaine heures de la journée ou de la nuit en les partageant avec les membres inscrits au réseau. Des personnes partant au travail le matin laisserons la possibilité à d’autres de profiter de leur parking personnel en journée. Dans le même temps, les propriétaires de parkings (bureaux, administration, bailleurs immobiliers,…) pourront mettre à disposition des résidents alentours leurs parkings d’habitude restés vides pendant nuit. Par le biais d’un site internet et d’une application mobile, le service permet de connaitre en temps réel la disponibilité des places libres dans les environs. Une technologie a été mise au point durant deux années afin de permettre aux membres d’accéder à l’ensemble des parkings du réseau de manière totalement sécurisée et sans modification des systèmes d’accès existants: une simple télécommande suffit.

Forcément, cette pratique se développe et d’autres services existent, bien que moins automatisés: SharedParking, Parkadom ou encore Mobypark (uniquement sur Paris) pour n’en citer que quelques-uns. La recherche de places de stationnement est responsable de près de 30% des déplacements en ville et de 20% des émissions de CO². Il est donc loin d’être inutile de s’attaquer à ce problème, et la généralisation de ce genre de pratique peut contribuer à améliorer durablement le cadre de vie. Imaginez un instant ce qu’une complémentarité intelligente entre partage de parking et autopartage peut permettre: une réduction importante et simultanée du nombre de voitures en circulation et de la place qu’elles occupent. En d’autres termes, un espace rendu aux usagers dits « actifs » mais aussi plus calme et moins agressif. Or on sait que le mode de déplacement le plus largement choisit par les usagers et la qualité de l’environnement urbain qui l’accueille fonctionnent en vases communicants (voir à ce sujet l’excellent livre de Nicolas Soulier aux édition Ulmer: « Reconquérir les rues. »)

Une initiative encore timide

Bien évidemment, tout service a un coût et bien que plus avantageux que ceux de la concurrence (décompte à la minute, de 40€ et 70€ par emplacement selon l’abonnement choisi et réductions à 20€ pour le 1er mois), les prix restent encore élevés pour le plus grand nombre. Il ne faut pas oublier que Zenpark est avant tout une entreprise, donc nécessairement soumise à des impératifs de rentabilité. Il faut également considérer que la contribution reversée aux propriétaires de parking doit être suffisante pour les convaincre de passer le pas, celui de mettre à disposition d’étrangers leur bien immobilier. Si le projet connaît un succès auprès du public cependant, on peut évidemment prévoir une baisse des tarifs actuels.

En bref, Zenpark a marqué une brillante avancé pour le partage de parking en créant un système simple et automatisé. Mais pour que le partage de parking œuvre pour l’amélioration du cadre de vie en ville de façon visible et durable, il est maintenant nécessaire que cette pratique ne soit plus uniquement le fait de quelques usagers isolés. Reste alors à la démocratiser afin qu’elle se substitue peu à peu à nos habitudes de stationnement actuelles.

> Pour aller plus loin: le blog dédié à Zenpark
Photo: Alex McLean. Une voiture oubliée suite à la destruction d’un parking en Chine. Une image en voie de généralisation dans nos villes ?

smiley pour la paix dans le monde

1 commentaire

  1. flore |

    Arnaque totale, les parkings ne sont absolument pas securises. Ma voiture a ete fracture et une partie des affaires voles. Aucune reponse du Parking a mes mails a ce jour, ni demarche commerciale, la prestation m’a ete facturee.. a eviter

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